Robert Venturi

La deuxième génération d’architectes modernes, préoccupés qu’ils étaient de considérer l’espace comme la qualité architecturale, leur fit lire les bâtiments comme des formes, les piazzas comme de l’espace et les graphismes et la sculpture comme de la couleur, de la texture et des proportions. Cet ensemble produisit une expression abstraite dans l’architecture au moment où l’expressionnisme abstrait dominait dans la peinture. Les formes et les accessoires iconographiques de l’architecture médiévale et de la Renaissance furent réduits à une texture polychrome au service de l’espace; les complexités et les contradictions symboliques de l’architecture maniériste ne furent appréciées que pour leur complexité et leur contradiction formelle; on aima I’architecture néo‑classique, non parce qu’elle faisait une utilisation romantique des associations, mais pour sa simplicité formelle. (Robert Venturi, Denise Scott-Brown, Steven Izenour, « L’enseignement de Las Vegas ou le symbolisme oublié de la forme architecturale », Pierre Mardaga, Architecture+Recherches, Bruxelles-Liège, 1987, p. 113.)